Ce que j'ai besoin de dire
On est tous les deux le bourreau de l'autre.
Le constat
Chacun son bourreau. On se sent tous les deux agressés très vite, peu importe le sujet. Que ce soit un débat psychosocial ouvert, des choix de jantes par défaut, ma manière de me motiver à nager, le GPS sur ton téléphone ou le mien, la cuisson des pâtes… tout est sujet à s'embrouiller, à écraser l'autre dans son raisonnement et prouver qu'on a raison.
Le refus de la lecture réductrice
C'est très frustrant de se renvoyer la balle sans volonté d'améliorer la relation, comme si le sujet se résumait à :
ou encore "Julie se sent oppressée dès que je respire à côté d'elle."
Franchement, après tout ce qu'on s'est déjà dit là-dessus, je trouve ça très réducteur.
Les clés que je t'ai déjà données
Je t'ai déjà donné plusieurs fois les clés pour communiquer avec moi normalement : être indulgente envers ma façon de penser, me parler sans mépris, sans ton condescendant, et arrêter de partir directement du principe que j'ai les pires intentions possibles.
Ce que cette dynamique me fait vivre
Depuis quelque temps, cette relation devient compliquée émotionnellement pour moi. Quand bien même je viens avec de bonnes intentions, de la bonne énergie, et l'envie sincère que ça fonctionne entre nous, je finis souvent par me sentir incapable.
Incapable de trouver un juste milieu entre travailler sur moi, améliorer ma communication, mon rapport au monde, et le fait de pouvoir simplement être naturel, spontané, et m'exprimer à ma manière avec toi sans ressentir cette pression permanente de devoir toujours mesurer ce que je dis ou fais.
Tu ressens sûrement la même pression à mon égard.
Ce que j'essaie déjà de faire
Ma démarche laisse de la place à l'erreur et à la discussion. Quand quelque chose me blesse ou me dérange, j'en parle, j'exprime ce que je ressens et j'essaie de comprendre l'intention derrière les mots plutôt que de réduire directement l'autre à ce qu'il a dit sur le moment.
Ce dont j'aurais vraiment besoin de toi
Concernant tes consignes, je n'ai jamais eu de cadre clair sur la manière dont je suis censé me comporter, mis à part "réfléchis avant de parler". Sauf que réfléchir, c'est déjà ce que je fais en permanence, à mon grand désarroi.
Je passe mon temps à analyser mes mots, à essayer de m'améliorer, à faire attention à ce qui pourrait te blesser ou te toucher.
Je pense sincèrement que tu es capable d'apporter bien plus que simplement me renvoyer l'idée que je suis dysfonctionnel. Et honnêtement, c'est aussi ça que j'attends de notre relation : qu'on s'aide mutuellement à devenir de meilleures versions de nous-mêmes, au lieu de se sentir constamment jugés ou en défaut.
Ma part de responsabilité
Oui, je peux entendre que ma manière de fonctionner te heurte parfois. Je continuerai à travailler là-dessus — je suis maladroit, intense, parfois trop dans l'analyse.
Un problème commun, pas un combat
J'ai pris le temps de relire nos échanges, de réfléchir à ce qui a dérapé, d'essayer de comprendre ce qui nous fait autant réagir tous les deux — parce que je n'ai pas envie qu'on continue à s'abîmer dans ce genre de dynamique.
Je pense sincèrement qu'on participe tous les deux à cette escalade, chacun à notre manière. Moi avec ma façon parfois trop directe, intense ou rationnelle d'aborder les choses, et toi avec une manière d'interpréter mes paroles ou mon énergie qui me donne parfois l'impression d'être perçu comme une menace, un problème ou quelqu'un dont il faut immédiatement se protéger émotionnellement.
Pour ce week-end, on se verra quand tu auras eu le temps de prendre assez de recul pour qu'on puisse se retrouver autrement que dans la tension ou le reproche.